09.07.2007
L'apostasie expliquée par Yûsuf Al-Qaradâwî
Le danger de l’apostasie… et la lutte contre la zizanie 30 décembre 2002 par Sheikh Yûsuf Al-Qaradâwî. (Cliquer dessous pour lire)
Citation:
Il est nécessaire d’opposer une résistance à l’apostasie individuelle afin de la cerner et d’éviter qu’elle ne se développe et que fusent de toutes parts ses étincelles. Elle deviendrait alors une apostasie généralisée, car des petites étincelles naissent les grands incendies.
A partir de cela, les juristes de l’Islam sont unanimement d’avis que l’apostat mérite une peine — même s’ils peuvent diverger sur sa nature. Leur grande majorité estime que cette peine est la peine de mort. C’est l’avis des quatre écoles de jurisprudence islamique prévalantes, voire des huit écoles.
A ce sujet, une somme de hadiths authentiques ont été narrés par un certain nombre de Compagnons : Ibn `Abbâs, Abû Mûsâ, Mu`âdh, `Alî, `Uthmân, Ibn Mas`ûd, `Â’ishah, Anas, Abû Hurayrah et Mu`âwiyah Ibn Haydah.
Ces hadiths sont rapportés selon des formulations différentes. Par exemple, le hadith d’Ibn `Abbâs : « Quiconque change sa religion, tuez-le. » (rapporté par tous les compilateurs de hadiths sauf Muslim ; on retrouve le même hadith chez At-Tabarânî, d’après Abû Hurayrah, avec une bonne chaîne de narration et ce hadith est narré selon Mu`âwiyah Ibn Haydah avec une chaîne de narration dont les maillons sont des hommes de confiance).
Le hadith d’Ibn Mas`ûd : « Le sang d’un Musulman qui atteste qu’il n’y a de dieu que Dieu et que je suis le Messager de Dieu est illicite sauf dans trois cas : l’homicide volontaire, le fornicateur qui a déjà connu le mariage et l’apostat qui abandonne la Communauté. » (rapporté par l’ensemble des compilateurs de hadiths).
Selon d’autres versions de ce hadith, d’après `Uthmân : « …un homme qui a mécru après sa Soumission (Islam) ou qui a forniqué après qu’il a connu le mariage ou qui a tué sans droit une autre âme. » (rapporté par At-Tirmidhî
— qui le qualifia de hasan (bon) -, An-Nasâ’î et Ibn Mâjah ; le sens du hadith est confirmé par la version d’Ibn `Abbâs, de Abû Hurayrah et de Anas).
L’érudit Ibn Rajab dit : « Tuer dans chacun de ces trois cas est consensuellement admis par les Musulmans. » [2].
`Alî — que Dieu honore sa face — exécuta la peine de l’apostasie contre un groupe de gens qui l’avaient divinisé. Il les brûla vifs, après qu’il leur eut demandé de se repentir et qu’il les eut réprimandés, mais ils refusèrent de se repentir et de revenir sur leurs prétentions. Il les jeta alors dans le feu.
(...)
L’Islam ne condamne pas à la peine capitale l’apostat qui ne professe pas son apostasie ou qui n’y invite pas les autres. Il considère que son châtiment est laissé à Dieu le Jour du Jugement dernier, si du moins il meurt mécréant. Le Très Haut dit en effet : « Et ceux parmi vous qui adjureront leur religion et mourront infidèles, vaines seront pour eux leurs actions dans la vie immédiate et la vie future. Voilà les gens du Feu : ils y demeureront éternellement. » (sourate 2 intitulée la Vache, Al-Baqarah, verset 217). Au pire, l’Islam punira un tel apostat par une peine discrétionnaire adaptée.
L’apostasie n’est pas seulement une prise de position intellectuelle, pour que le débat se résume au principe de la liberté de conscience. Plus que cela, il s’agit d’un changement d’allégeance, d’une transformation de l’identité, d’une mutation de l’affiliation. L’apostat porte désormais son allégeance et son rattachement d’une Communauté vers une autre communauté, d’une patrie vers une autre patrie, autrement dit de la Terre d’Islam (Dâr Al-Islâm) vers une autre terre. Il se détache de la Communauté islamique dont il faisait partie intégrante, et se rattache de par sa raison, de par son cœur et de par sa volonté aux adversaires de cette Communauté. C’est ce qu’exprime le hadith prophétique, d’après la version consensuelle d’Ibn Mas`ûd : « l’apostat qui abandonne la Communauté ». L’expression « qui abandonne la Communauté » est ici une caractérisation générale, non-restrictive : tout apostat abandonne de facto la Communauté.
Néanmoins, quelle que soit l’importance de son crime, nous n’irons pas lui ouvrir la poitrine pour voir ce que recèle son cœur ; nous n’irons pas non plus envahir sa maison à son insu. Nous ne le jugeons que sur ce qu’il déclare ouvertement par sa propre langue, par sa propre plume ou par ses propres actions. C’est à partir de là que nous établissons s’il a versé dans la mécréance déclarée et explicite, qui n’admet aucune interprétation ni ne fait aucun doute. Tout doute est en revanche considéré au bénéfice et à la faveur de l’accusé d’apostasie.
Le laxisme dans la sanction de l’apostat déclaré, qui s’active à la propagation de l’apostasie, met en péril la société dans son ensemble, et ouvre la porte à une zizanie dont seul Dieu — Exalté soit-Il — connaît les conséquences. Un tel apostat pourrait alors tromper les gens, en particulier les plus faibles et les plus démunis d’entre eux ; il pourrait alors se former une organisation hostile à la Communauté, qui se permettrait de recourir à l’aide des ennemis de celle-ci pour la combattre. Ainsi, la Communauté tomberait dans une lutte et un déchirement intellectuel, social et politique, qui pourrait tourner à une lutte sanglante, voire à une guerre civile qui emporterait tout sur son passage.
Récusation des objections soulevées par certains contemporains
Certains écrivains contemporains, ne possèdant pas la science législative, se sont opposés à la sanction de l’apostasie, arguant qu’une telle sanction n’a pas été mentionnée dans le Coran et qu’elle n’a été rapportée que par un hadith non-récurrent (hadîth âhâd), alors que les hadiths non-récurrents ne sont pas pris en considération au niveau des châtiments corporels. C’est pour cette raison que ces contemporains renient la sanction de l’apostasie.
Ces arguments sont réfutés à plusieurs égards
La Sunnah authentique est la source des directives pratiques, et ce, d’après le consensus unanime des Musulmans. Dieu — Exalté soit-Il — dit en effet : « Dis : ‹Obéissez à Dieu et obéissez au Messager. › » (sourate 24 intitulée la Lumière, An-Nûr, verset 54) ; « Quiconque obéit au Messager obéit certainement à Dieu. » (sourate 4 intitulée les Femmes, An-Nisâ’, verset 80).
Les hadiths ordonnant de tuer l’apostat ont été authentifiés, et ont été mis en pratique par les Compagnons, durant le règne des Califes orthodoxes [15].
(...)
Wa salamoualaikoum,
19:55 Publié dans 4- La Sharia | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : sarkozy, ump, politique, fn, jeunes populaires



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